... Les Portes du Soir ...

Eros

Naissance

le 07/02/2007 à 17h12

Bonjour ou bonsoir, mes chers lecteurs

 


Vous avez l'honneur aujourd'hui d'assister à la naissance d'une nouvelle rubrique de Poésie ou bien d'extraits de texte au contenu... (allons, allons, le nom de cette rubrique n'est pas choisi par hasard) parfois implicite, ou bien très explicite..

Je vous laisse apprécier ...


Ce qu’il me faut

  

 

Chantez, chantez encor, rêveurs mélancoliques,

Vos doucereux amours et vos beautés mystiques

Qui baissent les deux yeux

Des paroles du cœur, vantez la puissance,

Et la virginité des robes d’innocence,

Et les premiers aveux !

 

Ce qu’il me faut à moi, c’est un amour qui brûle,

Et comme un dard de feu dans mes veines circule,

Tout rempli d’alcool ;

C’est une courtisane enivrée et folâtre,

Dansant autour d’un punch à la flamme bleuâtre,

Et buvant à plein bol !

 

Ce qu’il me faut à moi, c’est la brutale orgie,

La brune courtisane à la lèvre rougie

Qui se pâme et se tors ;

Qui s’enlace à vos bras dans sa fougueuse ivresse,

Qui laisse ses cheveux se dérouler en tresse,

Vous étreint et vous mord !

 

C’est une femme ardente autant qu’une espagnole,

Dont les transports d’amour rendent la tête folle

Et font craquer le lit ;

C’est une passion fort comme la fièvre,

Une lèvre de feu qui s’attache à ma lèvre

Pendant toute une nuit !

 

C’est une cuisse blanche à la mienne enlacée,

Une lèvre de feu d’où jaillit la pensée ;

Ce sont surtout deux seins,

Fruits d’amour arrondis par une main divine,

Qui tous deux à la fois vibrent sur la poitrine,

Qu’on prend à pleines mains.

 

Eh bien ! venez encor me vanter vos pucelles,

Avec leurs regards froids, avec leurs tailles frêles,

Frêles comme un roseau ;

Qui n’osent d’un seul doigt vous toucher, - ni rien dire,

Qui n’osent regarder et craignent le sourire,

Ne boivent que de l’eau.

 

Non ! vous ne valez pas, ô tendre jeune fille,

Au teint frais si pur caché sous la mantille,

Et dans le blanc satin,

Non, dames au grand ton, en tout, tant que vous êtes,

Non, vous ne valez pas, femmes dites honnêtes,

Un amour de catin !

 

Alfred de Musset

Et tu n'es pas déjà si vague?

le 24/02/2007 à 14h11

Auburn

 



Tes yeux, tes cheveux indécis,

L’arc mal précis de tes sourcils,

La fleur pâlotte de ta bouche,

Ton corps vague est pourtant dodu,

Te donnent un air peu farouche

A qui tout hommage est dû.



Mon homme, ah parbleu ! tu l’as.

Tous les soirs, quels joie et soulas,

O ma très sortable châtaigne,

Quand vers mon lit tu viens, les seins

Roides, et quelque peu hautaine,

Sûre de mes humbles dessins.


Les seins roides sous la chemise,

Fière de la fête promise

A tes sens partout et longtemps.

Heureuse de savoir ma lèvre,

Ma main, mon tout, impénitents

De ces péchés qu’un fol s’en sèvre !


Sûre de baisers savoureux

Dans le coin des yeux, dans le creux

Des bras et sur le bout des mammes,

Sûre de l’agenouillement

Vers ce buisson ardent des femmes

Follement, fanatiquement !


Et hautaine puisque tu sais

Que ma chair adore à l’excès

Ta chair et tel est ce culte

Qu’après chaque mort, - quelle mort !

Elle renaît, dans quel tumulte !

Pour mourir encore et plus fort.

Oui, ma vague, sois orgueilleuse

Car radieuse ou sourcilleuse,

Je suis ton vaincu, tu m’as tien :

Tu me roules comme la vague

Dans un délice bien païen,

Et tu n’es pas déjà si vague ? 



                                                            Paul Verlaine.

Volupté



Léona l’entoura de ses jambes, baisa

Ses yeux, sa chevelure et sa langue vermeille.

La vierge, dont le cœur souriant s’éveille,

A ces souffles de feu par degrés s’embrasa.

Suçant les boutons durs de sa gorge pointue,

La louve sur son corps promenait tous ses doigts 

On eût dit qu’elle avait vingt lèvres à la fois…

Aline se pâmait à ce jeu qui la tue.

-          « Ouvre ta cuisse blanche et ronde, mon enfant ;

Ton clitoris, blotti dans sa toison dorée,

Veut les tendres fureurs d’un baiser triomphant ! »

Ivre de volupté, mais non désaltérée,

Léona savourant son virginal décor,

A la coupe d’amour, le soir, buvait encor.

 


Henri Cantel.




 

 

PS: J'ai mon corset! magnifique, rouge sang avec de la dentelle noire... offert pour mes 18 ans (à l'avance puisque je suis née le 26 avril), j'ai aussi une bague poison, une jupe, un petit pull de soirée d'été, un ancien livre sur l'art nouveau en Russie, et des pin's. Quelle chance. Je ne vous dis pas le prix que tout cela a coûté... et oui, pour moi, le shopping, c'est tout ou rien ^^; d'ailleurs je n'ai rien payé..vive les 18 ans! 



photographie: Aliz Tale (la jeune femme qui pose, et non la photographe)

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation