... Les Portes du Soir ...

Extraits & Citations

Citation

le 01/01/2006 à 22h50

Nest point mort qui peut éternellement gésir,

 



Au cours du temps,
la Mort
m
ême peut mourir.

 




 



Abd al-Azrad, Kitab Al-Azif

 




 



( Le Nécronomicon existe t-il? )

 


Citation

le 03/01/2006 à 21h37

Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières.

 




 



Oscar Wilde



(avec une magnfique photo de Nico...)

¤Extrait¤

le 03/01/2006 à 21h45

Le Parfum,  de Patrick Suskind est un livre que je tenais à vous présenter, mes chers lecteurs, pour la virtuosité de la description des odeurs, de son scénario passionnant et de son héros fascinant, Jean Baptiste Grenouille, un véritable « génie du mal ». D’ailleurs, ce livre ne peut même pas être lu, il ne peut qu’être senti, alors à vos narines…


Court extrait :

 


        …Le théâtre de ses débordements (comment aurait il pu être autrement ?), c’était cet empire intérieur où, depuis sa naissance il avait gravé les contours de toutes les odeurs qu’il avait jamais rencontrées. Pour se mettre en humeur, il évoquait tout d’abord les plus anciennes, les plus lointaines : l’exhalaison hostile et moite de la chambre à coucher, chez Mme Gaillard ; les goût de cuir desséché qu’avaient ses mains ; la transpiration chaude, maternelle de la nourrice Jeanne Bussie ; la puanteur cadavéreuse du cimetière des Innocents ; l’odeur de meurtre que dégageait sa mère. Et il était transporté de dégoût et de haine, et son poil se hérissait d’une horreur délicieuse.

        Parfois cet apéritif d’ignominies n’avait pas suffit à le mettre en forme, il s’accordait un petit tour olfactif du côté de chez Grimal et goûtait à la puanteur des peaux crues, non écharnées, et des bains de tannage, ou bien il imaginait les effluences concentrées de six cent mille parisiens, dans la touffeur écrasante de la canicule.

        Alors explosait tout d’un coup (c’était le but de l’exercice) toute sa haine accumulée, avec la violence d’un orgasme. Tel un orage, il se ruait sur ces odeurs qui avaient osé offenser ses nobles narines. Telle la grêle sur le champ de blé, il les flagellait, tel un ouragan il pulvérisait toute cette racaille et la noyait dans un gigantesque déluge purificateur d’eau distillée. Si juste était son courroux. Si redoutable était sa vengeance. Ah ! quel instant sublime ! Grenouille, ce petit homme tremblait d’excitation, son corps se tordait de jouissance délicieuse et qui s’arquait si bien que, pendant un moment, il se cognait le crâne contre le haut du boyau, pour retomber ensuite lentement et rester étendu, libéré et profondément satisfait. C’était vraiment trop agréable, cet acte éruptif par lequel il massacrait toutes les odeurs répugnantes vraiment trop agréable… Pour ce numéro eût été son préféré, dans la série des sketches qui se succédaient sur son grand théâtre intérieur, car il laissait la sensation merveilleuse d’un sain épuisement, que donnent seules les actions héroïques et vraiment grandioses.

        Il avait alors le droit de se reposer un moment avec bonne conscience. Il prenait ses aises ; physiquement, autant qu’il était possible dans cet endroit réduit de pierre. Mais intérieurement, sur les champs désormais nettoyés de son âme, il s’étirait tout à loisir et s’assoupissait et faisait voleter autour de son nez les odeurs les plus fines : par exemple une petite brise épicée comme si elle avait flotté sur des prés au printemps ; un vent tiède de mai, soufflant à travers les premières feuilles qui verdoient sur les hêtres ; un coup de vent de mer, aussi relevé que des amandes salées…

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