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Mon Génie

le 22/02/2006 à 15h19

Charles Baudelaire (1821-1867)

 


      Poète et critique français qui, avec Les Fleurs du Mal, ouvrit la voie à la modernité en poésie.

 

 Vie de Baudelaire

 

Charles Baudelaire est né à Paris le 9 avril 1821. Il avait sept ans lorsque sa mère, devenue veuve, se remaria avec le général Aupick ; l'enfant n'accepta jamais cette union. Placé d'abord en pension à Lyon, il étudia ensuite au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il se signala par son indiscipline et d'où il fut exclu en avril 1839. Après avoir néanmoins obtenu son baccalauréat, Baudelaire entreprit de mener à Paris une vie d'insouciance et de bohème, tout au moins jusqu'en 1841, date à laquelle son beau-père, soucieux d'y mettre un terme, le fit embarquer quasi de force sur le Paquebot des Mers du Sud, pour un long voyage à destination des Indes. Ce périple, quoique écourté par le poète - il s'arrêta à l'île Bourbon ( la Réunion ) -, ancra profondément chez lui le goût de l'exotisme, thème très présent dans son œuvre. De ce voyage, Baudelaire rapporta également les premiers poèmes de son principal recueil, les Fleurs du mal, notamment le sonnet «À une dame créole».

 

Peu après son retour en France, en 1842, Baudelaire rencontra Jeanne Duval, dont il fit la «Vénus noire» de son œuvre, l'incarnation de la femme exotique, sensuelle et dangereuse, et qu'il aima durablement malgré leurs relations orageuses. Cette liaison n'empêcha pas le poète de s'éprendre de Marie Daubrun en 1847 et de Mme Sabatier en 1852. Il fit de cette dernière, pour laquelle il éprouva des sentiments tout éthérés, une figure spirituelle, la «Muse et la Madone » des Fleurs du mal.

 

Le jeune poète mena alors - grâce à l'héritage paternel reçu à sa majorité, en 1842 - une vie de dandy et d'esthète ; à cette époque, il fit l'acquisition de coûteuses œuvres d'art et expérimenta les «paradis artificiels» de l'opium et de l'alcool. Son train de vie ne tarda pas à écorner son héritage : pour éviter la dilapidation de sa fortune, son beau-père et sa mère le firent placer sous tutelle judiciaire. Le jeune poète souffrit dès lors de ne pouvoir disposer librement de son bien, et dut travailler pour vivre.

 

 

C'est poussé par le besoin d'argent qu'il se lança dans la critique d'art (Salon de 1845, Salon de 1846, Salon de 1859) et qu'il publia dans diverses revues sous le nom de Baudelaire-Dufaÿs : il fit paraître de la sorte des poèmes qui figureront plus tard dans les Fleurs du mal, mais aussi des essais littéraires et esthétiques, ainsi qu'une nouvelle, la Fanfarlo (1847). En 1848, il commença à traduire les œuvres de l'auteur américain Edgar Allan Poe. Baudelaire n'eut aucun mal à s'identifier à cet écrivain tourmenté, en qui il voyait un double de lui-même («Edgar Poe, sa vie et ses œuvres», l'Art romantique). Ses traductions de Poe font encore référence aujourd'hui; il fit paraître successivement Contes extraordinaires (1854), Histoires extraordinaires (1856), Nouvelles Histoires extraordinaires (1857), les Aventures d'Arthur Gordon Pym (1858), et acheva la traduction des Histoires grotesques et sérieuses en 1865.

 

En juin 1857, Baudelaire fit paraître, chez son ami et éditeur Poulet-Malassis, le recueil les Fleurs du mal, qui regroupait des poèmes déjà publiés en revue et des inédits. Mais, dès le mois d'août, il se vit intenter un procès pour «outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs» (la même année, Madame Bovary, de Flaubert, connut un sort identique, mais le romancier put profiter d'un succès de scandale, ce qui ne fut pas le cas de Baudelaire). Condamné à une forte amende, le poète, très abattu par la sentence, dut en outre retrancher six poèmes de son recueil.

 

Après le scandale des Fleurs du mal, Baudelaire, toujours criblé de dettes, continua de publier en revue ses textes critiques et ses traductions de Poe, auxquels vinrent s'ajouter bientôt les poèmes en prose qui seront regroupés et publiés dans leur forme définitive après sa mort, sous le titre les Petits Poèmes en prose ou le Spleen de Paris (posthume, 1869). Les Petits Poèmes en prose sont le pendant des Fleurs du mal, dont ils reprennent la thématique, mais cette fois dans une prose poétique, sensuelle, étonnamment musicale (certains poèmes des Fleurs du mal y sont même repris en écho, sous un titre identique). Le poème en prose était alors un genre nouveau, et Baudelaire avait pris pour modèle Aloysius Bertrand, précurseur du genre avec Gaspard de la nuit (1842).

 

Au printemps 1866, pendant un séjour en Belgique, où il était venu faire un cycle de conférences qui se révéla décevant, Baudelaire, déjà très malade, eut un grave malaise à Namur. Les conséquences furent irrémédiables : atteint de paralysie et d'aphasie, le poète fut ramené à Paris en juillet. Il y mourut un an plus tard, le 31 août 1867.

 

Les Fleurs du mal

Ce recueil de poèmes est l'œuvre maîtresse de Baudelaire.

 

Dans sa version la plus aboutie, il est composé de six parties : «Spleen et Idéal» (poèmes I à LXXXV), puis «Tableaux parisiens» (poèmes LXXXVI à CIII), «le Vin» (poèmes CIV à CVIII), «Fleurs du mal» (poèmes CIX à CXVII), «Révolte» (poèmes CXVIII à CXX) et « la Mort » (poèmes CXXI à CXXVI), qui font la synthèse entre le courant romantique (le lyrisme) et le formalisme (la recherche maîtrisée de la perfection formelle).

 

Modernité des Fleurs du mal

Le titre des Fleurs du mal pose d'emblée les marques d'une esthétique nouvelle, «moderne», où la beauté, le sublime (que désigne le terme de «fleur») peuvent, grâce au langage poétique, surgir des réalités triviales de la nature et de la chair (le «mal»).

 

Avec cette matière en guise d'inspiration, alliée à un travail méticuleux sur le langage poétique (utilisation de formes traditionnelles comme le sonnet, et de vers classiques, comme l'alexandrin), Baudelaire révolutionnait l'univers esthétique en prenant non seulement le contre-pied de la tradition selon laquelle l'œuvre d'art était d'autant plus admirable que le sujet en était noble, mais surtout en réalisant la synthèse entre deux choix esthétiques jusque-là inconciliables : le lyrisme romantique et le souci formel.

 

Thématique des Fleurs du mal

La partie «Spleen et Idéal» (titre qui prolonge l'ambivalence du titre générique) met en scène le «spleen», c'est-à-dire l'ennui (au sens d'angoisse métaphysique), dont souffre le poète, et son aspiration vers un «idéal», infini sublime où règne la plénitude de l'être. Spleen est un mot anglais qui désigne la rate : en effet, on croyait autrefois, selon la théorie des humeurs d'Hippocrate, que le sentiment de mélancolie était d'origine physiologique et, plus précisément, qu'il venait de la bile noire sécrétée par la rate. Le mot «spleen» traduit donc chez Baudelaire l'ennui et le dégoût généralisé de la vie.

 

La même thématique ambivalente alimente la totalité du recueil des Fleurs du mal et lui donne sa dynamique conflictuelle. Le poète y exprime les tourments de sa propre âme, écartelée entre le sublime et le sordide, tiraillée entre une double aspiration vers Dieu et vers Satan. À partir de son expérience personnelle, il traite ainsi du conflit éternel entre l'esprit et la chair, l'ailleurs et l'ici-bas.

 

Poétique baudelairienne

Pour échapper au spleen, le poète a recours au langage poétique, qui seul a la capacité de donner sens et de transmuer les réalités les plus banales et les plus viles. Le langage peut aussi métamorphoser l'amour : il transfigure la passion sensuelle du poète pour Jeanne Duval («Parfum exotique», « la Chevelure », etc.) comme son amour éthéré pour Mme Sabatier («l'Aube spirituelle», «Invitation au voyage», etc.).

 

Le sonnet «Correspondances», qui est une sorte d'art poétique baudelairien, montre que, chez cet auteur, les images ne sont pas seulement des symboles conventionnels, mais révèlent un rapport absolu entre les choses et leur signification : c'est la loi de l'«analogie universelle ». Dans un univers confus, indéchiffrable au commun des mortels, seul le poète, grâce à son imagination - cette «reine des facultés» qui est capacité à créer des images - peut faire surgir le sens en faisant correspondre ce qui est disparate et morcelé : « La Nature est un temple où de vivants piliers/Laissent parfois sortir de confuses paroles/L'homme y passe à travers des forêts de symboles/Qui l'observent avec des regards familiers.» («Correspondances», les Fleurs du mal, IV). Les mots revêtent un caractère proprement magique, et l'écriture devient une «sorcellerie évocatoire». Annonciateur de Rimbaud, Baudelaire se voit comme un «alchimiste du Verbe», capable de transmuer la «boue» en «or».

 

Cheminement des Fleurs du mal

Le cheminement des Fleurs du mal ne permet pourtant pas, semble-t-il, de vaincre le spleen, ce sentiment qui écrase le poète. Les différentes expériences, qui sont autant d'étapes dans le recueil, se révèlent sans réelle issue : la grande ville des «Tableaux parisiens» est pleine de dangers et de tentations, les paradis artificiels de la drogue ou de l'alcool («le Vin»), comme l'amour et la volupté («Fleurs du mal»), sont décevants et asservissent l'âme. Après une brève tentative de «Révolte», que le poète veut universelle, le recueil débouche sur la «Mort», ce qui paraît confirmer l'échec du projet poétique. Cependant, c'est dans la mort que Baudelaire trouve un ultime moyen de résoudre la contradiction du Bien et du Mal : la mort est alors envisagée non comme une fin mais comme un passage vers un univers réconcilié, où le poète est avide de découvrir un monde nouveau, encore inconnu. Ce point de vue explique sans doute la sensualité donnée au thème macabre dans le célèbre poème « la Mort des amants».

 

Le recueil se termine en outre par ces vers significatifs : «Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe!/Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau!» (L'œuvre critique L'Art romantique (posthume, 1869) regroupe l'ensemble des textes tels que « Voyage », les Fleurs du mal, CXXVI). Baudelaire consacra à la vie littéraire de son temps et aux grands auteurs dont il se sentait proche. Les textes les plus importants de ce recueil sont consacrés à Edgar Poe, à Théophile Gautier, à Madame Bovary de Flaubert, et aux Misérables de Victor Hugo.

 

Les textes de critique d'art de Baudelaire furent réunis et publiés en 1868 sous le titre Curiosités esthétiques. Ce recueil regroupe essentiellement les comptes rendus des Salons de 1845, de 1846 et de 1859, celui de l'Exposition universelle de 1855, mais aussi un texte important sur Constantin Guys, le Peintre de la vie moderne, et plusieurs essais sur la vie et l'œuvre d'Eugène Delacroix. Ce à quoi il faut ajouter des essais variés, consacrés notamment aux aquafortistes, à la caricature et plus généralement au comique dans les arts.

 

Il existe une grande cohérence entre l'œuvre de Baudelaire poète et l'œuvre de Baudelaire critique d'art. Il s'illustra dans l'un et l'autre genre avec la même audace puisque, en art comme en poésie, il érigea sa propre esthétique : le surnaturalisme, qui alliait le bizarre et la modernité.

 

Mode et modernité dans l'art

Baudelaire se fit, en art comme en poésie, le chantre de la modernité. Dans le Peintre de la vie moderne, il écrivait à propos de Constantin Guys : «Il s'agit, pour lui, de dégager de la mode ce qu'elle peut contenir de poétique dans l'historique, de tirer l'éternel du transitoire. […] La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable.»

 

Par modernité, il entendait donc l'adéquation de l'œuvre d'art à son temps : une toile, selon lui, devait exprimer son époque, et pour ce faire la représenter dans sa particularité éphémère. C'est ce qu'il aimait dans les lavis et les dessins à la plume de Constantin Guys, qui croquait pour la presse des silhouettes et des scènes de la vie contemporaine, célébrant ainsi l'«héroïsme de la vie moderne».

 

Cette double nature du Beau, défini comme la synthèse de la modernité (du transitoire) et de l'immuable (la perfection formelle), empêchait Baudelaire de se laisser séduire par les modes éphémères, mais aussi d'établir des critères purement formels, susceptibles de le conduire à célébrer un art d'une froide perfection, dénué d'émotion.

 

Baudelaire se montra d'ailleurs un critique clairvoyant : s'il fut naturellement réticent à l'égard des peintres officiels, il ne fut pas davantage pris au piège de sa sensibilité romantique : c'est ce qui lui permit, par exemple, d'être sévère à l'égard du peintre romantique Ary Scheffer, «singe du sentiment», dont le coup de pinceau restait en réalité très académique (Salon de 1846). A contrario, ses opinions nuancées sur certaines toiles d'Ingres, peintre pourtant académique et néoclassique, montrent à quel point Baudelaire se situait au-delà des querelles d'école.

 

Le bizarre

Le bizarre est l'autre versant du «surnaturalisme» baudelairien. Selon Baudelaire, en effet, le Beau «contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et […] c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement beau» (Exposition universelle de 1855).

 

Or, la caricature est pour Baudelaire l'une des manifestations les plus intéressantes du «bizarre» : admirateur de Daumier, il alla jusqu'à ériger en principe esthétique général l'idée d'excès ou d'exagération, qui est en usage de façon systématique dans la caricature. L'excès ou, pour être plus précis, les déformations anatomiques faisaient, selon lui, toute la beauté de certaines toiles et toute la grâce de certains personnages d'Ingres, comme cette Odalisque dotée d'un trop grand nombre de vertèbres, lui conférant une silhouette anormalement longue et sinueuse. Cette liberté du peintre à l'égard du modèle fourni par la nature séduisait Baudelaire, qui ne se lassait pas de la louer comme une «tricherie heureuse» (Exposition universelle de 1855).

 

Pour Baudelaire, l'exagération caractérisait pareillement les eaux-fortes de Goya intitulées les Caprices (mais son propos peut s'appliquer également aux Désastres de la guerre) : ces visages blafards et fuyants surgis de l'ombre, ces masques grotesques ou animaliers, exprimaient à la perfection des sentiments extrêmes comme la peur, la haine ou l'horreur. Baudelaire considérait d'ailleurs Goya comme un caricaturiste, mais un caricaturiste «artistique», par opposition au caricaturiste «historique», le premier étant susceptible de produire un «comique éternel» quand le second ne donne qu'un «comique fugitif» (Quelques caricaturistes étrangers).

 

Baudelaire admirait aussi chez Delacroix (lui-même disciple de Goya) l'apparence inachevée, et d'autant plus expressive, de ses scènes de chasse : ce peintre ne se contente pas de reproduire fidèlement les images que lui procure le réel, mais s'attache à l'expression, au détriment de la précision du trait : c'est ainsi qu'il parvient à restituer la vérité des choses au-delà de leurs apparences. Cependant, chez ces trois peintres, l'accentuation du trait, la «caricature» n'est naturellement pas faite pour provoquer le rire ni dénoncer les ridicules de la bourgeoisie, comme c'est le cas chez Daumier ; en revanche, elle est porteuse du sens et de l'émotion des œuvres, et c'est en cela qu'elle est le véhicule privilégié de la vraie beauté.

 

Pour la nouveauté de son approche et la modernité de son esthétique, Baudelaire reste un nom important dans l'histoire de la critique d'art.

 

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 Son oeuvre :

 

- Salons (1846-1859)
- Journaux intimes (1851-1862)
- les Paradis artificiels (1860)
- Curiosités esthétiques (1868)
- L'art romantique (1869)

 

- Les Fleurs du mal (1857, 101 poèmes-1861, 127 poèmes)
- Le Spleen de Paris (1869)

Biographie d’un groupe que j’admire pour sa créativité musicale ainsi que pour son évolution, des mélodies inoubliables qui me font pleurer…

 

 

 

Confronté à une surcharge sensorielle inévitable et la synchronisation galopante des sens, il devient de plus en plus difficile d'inventer des sons et mélodies qui se tiennent elles-mêmes individuellement sans tomber dans les extrêmes. Le groupe néerlandais the Gathering vient d'accomplir cette prouesse avec leur neuvième album Home. Pour en arriver à cette œuvre, le chemin fut long: le groupe a remis sa créativité en question et à mis un fort accent pour atteindre la perfection du son.

the Gathering, comprenant la chanteuse Anneke van Giersbergen, René Rutten [guitare], le batteur Hans Rutten, Marjolein Kooijman [basse] et Frank Boeijen [claviers], a indiscutablement atteint un nouveau niveau avec Home. Au regard de leurs réalisations musicales de leurs quinze années de carrière, ils ont encore une fois plongé dans l'inconnu. Se détachant de tous crochets stylistiques, le groupe célèbre simplement la musique. Les nouvelles chansons semblent venir d'un pays de contes de fée, chaque morceau étant un joyau en lui-même.
Notre musique est et a toujours été sa seule source d'inspiration, explique Anneke van Giersbergen. Des choses que nous voyons, ressentons tous les jours. Certaines expériences sont simples et positives, d'autres sont complexes et stimulantes. Sur le nouvel album, nous mettons l'accent sur trios aspect de la vie humaine, notre époque qui est telle des montagnes russes, les évènements qui change la vie et l'atmosphère apaisante et diffuse de la joie intérieure. Tous ceci, exprimé en paroles et en musique. On peut demander comment tous cela tient en un genre musical. Ces chansons remplissent le spectre complet de la musique pop, parfois avec un impact sombre et chaleureux, et d'autres avec un rythme plus léger et soutenu. Ensemble elles sont un conte, mais chacune d'entre elles est aussi une chanson accessible qui enchante l'esprit.

img341/8104/anneke000lo.jpg   Anneke Van Giersbergen


Dès le départ, les mélodies et les rythmes sont hautement contagieux. Mais ce sont les arrangements soignés, généreusement diffuses au fil des chansons de l'album, qui font de Home un événement qui dure dans le temps, avec de nouvelles découvertes à faire encore et encore. Les fonctions dans le groupe se mélangent les unes aux autres de telle manière que les sources des sons, les instruments et les points de départ des idées sont difficilement identifiables. Un groupe rock ne peut sonner plus homogène. Comme les méandres d'un cours d'eau paisible, la voix d'Anneke serpente le long d'un cours d'eau aux berges colorées de sons instrumentaux séduisant. Certaines chansons vous hypnotisent véritablement. L'auditeur est libre de choisir ses morceaux préférés de l'album ou de percevoir ce dernier comme un jardin intégral ou une sculpture monolithique.

Le groupe force le respect en ne raisonnant pas de manière commerciale. Sans céder à des provocations faciles - au contraire, l'album caresse les oreilles de la première à la dernière note - il évite d'atteindre un certain marché ou de satisfaire certaines attentes. Home dans toute sa beauté est trop complexe pour être décrit par une simple accroche ou un slogan commun. Dans toute son harmonie et sa diversité, l'album est le résultat d'une longue lutte collective avec des processus créatifs qui n'ont pas été toujours sans douleur. Ce qui compte au final est le résultat. the Gathering envoient les sens en voyage, traduisant des images par des sons et laissant à l'imagination de l'auditeur le soin de les achever, planant légèrement au-dessus du sol et pénétrant profondément l'âme de ceux qui entrent en contact avec leurs sons. Prenant garde à tout superlatif, Home est proche de l'idéal et de l'harmonie parfaite d'un album pop, néanmoins passionnant à chaque note.

Les racines de the Gathering remontent à 1989. Près de la petite ville néerlandaise Oss, les frères Hans et René Rutten fonde le groupe, qui fut appelé plus tard the Gathering, avec Bart Smits et d'autres amis. Dès le départ, ils décident d'éviter les chemins faciles et évidents et forge méticuleusement le son du groupe. Lors de leurs répétitions hebdomadaires, ils travaillent à leur manière de leurs bases communes heavy metal à d'autres styles jusqu'à la parution de leur première demo An Imaginary Symphony qui résume les premières expériences en 1990. Même à cette époque, la presse accueille avec enthousiasme leur son metal entrecroisé avec des claviers. D'autres démos suivent, jusqu'en 1991 où le groupe partage la scène en première partie de groupe metal bien plus important comme Death et Morbid Angel.

Finalement, le groupe sort son premier album Always... en 1992. Evoluant à mi chemin entre le Gothic et le Doom, the Gathering continue de construire sa fan base et effectue même des concerts en Israel. Malgré leur popularité croissante, le groupe paye au prix fort leur innocence vis-à-vis du business et est à deux doigts d'être écrasé lors de leur lutte contre leur maison de disques de l'époque. Sans conviction, un autre album avec de nouveaux membres voit le jour mais ne reçoit pas de promotion. Le courage ne revient qu'en 1994 après qu'ils ont rencontré la chanteuse Anneke van Giersbergen. Avec sa voix exercée au jazz et au classique, la jeune chanteuse redéfinit de nouveaux accents, rouvre des espaces et des perspectives qui semblaient ne plus être ouverts au groupe. Dans 1995, l'album Mandylion, extrêmement réussi, avec son atmosphère dense montre un groupe qui a découvert non seulement une nouvelle inspiration, mais aussi dont les membres s'entendent à merveille. Deux ans plus tard, ils voyagent à travers toute l'Europe avec leur quatrième opus Nighttime Birds dans leurs bagages. 

Avec le nouvel album double How To Measure A Planet?, le groupe prend un virage radical en s'éloignant des sonorités metal pour des sons plus complexes. Ce changement d'état d'esprit les emmène sur une longue tournée américaine. Avec une nouvelle confiance en eux-mêmes, les premiers albums sont remasterisés et ré-édités à la fin du millénaire et en 2000, deux nouveaux albums voient le jour:: l'album live Superheat et if_then_else, album studio très varié en style. En 2002, le mini CD Black Light District suit en guise de cadeau pour les fans. La sortie de Souvenirs en 2003 est une nouvelle Pierre angulaire dans la carrière de the Gathering. Pour cet album, les 5 musiciens explorent jusqu'au bout leurs capacités à composer pendant un processus d'écriture et d'enregistrement de 2 années, qui consume virtuellement toute l'énergie du groupe. Mais leur quête pour amener leur musique à un plus haut niveau de définition sonore est acclamée mondialement par la presse et les fans. En 2003, le groupe commence à tourner à nouveau et en août, ils enregistrent le live semi-acoustique Sleepy Buildings qui contient de nouveaux arrangement de leur chansons depuis leurs premier et plus obscures albums Always... et Almost A Dance du début des 90's [joué pour la première fois avec la formation actuelle du groupe], leur album révélation Mandylion, jusqu'à l'album if_then_else.

A partir de 2004, the Gathering apparaît avec un nouveau line-up car leur bassiste Hugo Prinsen Geerligs quitte le groupe fin 2003, peu après l'enregistrement de Sleepy Buildings, pour passer plus de temps dans sa vie privée. Hugo est remplacé par Marjolein Kooijman, originaire également d'Oss. Soutenu par la fraîche énergie qu'apporte Marjolein au groupe, the Gathering part en tournée et visitent chaque recoin du monde en passant par 19 pays en une année. Après une tournée en Europe pendant sa grossesse, Anneke donne naissance à son premier enfant en février 2005. La seule performance live en 2005 a lieur le 23 mai devant une audience internationale [plus de 30 nationalités!] qui assiste aux enregistrements pour le DVD A Sound Relief au fameux Paradiso à Amsterdam.

2006 démarre avec promesse pour the Gathering quand le DVD live A Sound Relief est nominé en février pour les Edison Awards [Edison est un prix pour la qualité d'un enregistrement et est équivalent aux Grammy Award américains, aux Brit Awards anglais, au Grand Prix du Disque en France et au Deutscher Schallplattenpreis en Allemagne].

Après une longue pause afin de ne pas seulement ajouter un nouvel album à leur discographie, mais également pour récolter les fruits qu'ils ont laissé mûrir depuis si longtemps, the Gathering prouvent avec Home qu'ils ne sont pas cantonné à un pays, une scène, une ère ou une conception de la musique mais qu'ils définissent leurs propres normes qu'eux seuls peuvent atteindre.

Linda Bergkvist

le 02/06/2006 à 21h44

Linda Bergkvist, une artiste freelance suédoise, fait partie de ces illustrateurs numériques dont l’œuvre s’est démarquée. Elle fait partie de mes artistes préférés, je l’admire beaucoup.

 

A propos de Linda Bergkvist
 »
Je suis née en Suède, à Umea, ville dans laquelle je vis toujours aujourd’hui. Mes centres d’intérêt ont toujours été les arts et les langues. Quand j’étais petite, je ne faisais rien d’autre que dessiner et raconter aux autres enfants des histoires longues et compliquées de créatures que j’avais inventées. Parfois, je disais que ces créatures étaient réelles, et je pense que je parlais de ces « monstres » avec tellement d’enthousiasme et d’émotion que beaucoup d’enfants y croyaient vraiment. Nous avions aussi l’habitude d’aller à la chasse aux sorcières dans les bois.

Plus tard, je n’étais pas encore très sûre de moi concernant mon art, et au lieu de choisir de faire carrière en tant qu’artiste, j’ai choisi les langues (ceci après avoir étudié les arts entre 16 et 19 ans). Durant quelques années, j’ai étudié l’anglais et le suédois; j’avais toutes les chances de devenir professeur, et à côté, je continuais à gribouiller et à peindre. D’un seul coup, on m’a offert un poste dans une société d’informatique locale, et j’ai accepté, abandonnant de ce fait mes études (peut-être était-ce une folie) pour travailler dans le graphisme. Et j’y suis encore aujourd’hui. Pourtant, les études de langues me manquent, et peut-être y reviendrai-je un jour.

Pour l’instant, j’adore ce que je fais. C’est un travail avec plein de défis et je rencontre tout le temps des gens formidables. Je travaille d’une part comme coloriste pour bandes dessinées, d’autre part comme formatrice de Photoshop à l’université, et je suis aussi freelance. J’aime énormément faire tout ça. A côté, j’ai quelques projets personnels - peindre pour un livre que j’aimerais publier un jour ».

Site officiel: http://www.furiae.com 

 

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