... Les Portes du Soir ...

Poésie

Que je repose en Toi

le 27/10/2006 à 13h58

Que je repose en toi...

 

Que je repose en toi, mon beau logis d'amour,
Dans la nuit de ton coeur sur mon être scellée.
Tu seras mon tombeau. Oubliant les détours,
Ombre, je vais descendre, en ton ombre effacée.

Tu seras mon tombeau. Enfin je vais dormir,
Prise dans le linceul que me fera ton âme,
Goûtant, morte sacrée, au sein du souvenir,
L'amour intérieur que ma vie réclame.

Grave, mon coeur descend en ton coeur qui m'enserre,
Me voile, me chérit, me recueille à jamais,
Et, bleu soleil dont le baiser perce la terre,
Ton oeil étincelant luit sur mes yeux fermés.

 

 

Cécile Sauvage, poème provenant du recueil Primevère

 

Pour une des rares fois...

le 08/11/2006 à 21h59

...où j'admire un poète encore en vie.

 

Sixième Sens

 

 

La nuit est belle, les récho et les étoiles nous mâtent
Pendant qu’on kiffe et qu’on apprécie nos plus belles vacances
La vie est calme, il fait beau, il est 2h du mat’,
On est quelques sourires à partager notre insouciance
C’est à ce moment là hors du temps que la réalité a choisi
Pour montrer qu’elle décide et que si elle veut elle nous malmène
Elle a injecté dans nos joies comme une anesthésie
Souviens toi de ces sourires, ce ne sera plus jamais les mêmes.

Le temps s’est accéléré d’un coup, et c’est tout mon futur qui bascule,
Les envies, les projets, les souvenirs,
Dans ma tête y a trop de pensées qui se bousculent,
Le choc n’a duré qu’une seconde,
Mais ces ondes ne laissent personne indifférents.
« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu’ils ont dit à mes parents.

Alors j’ai découvert de l’intérieur un monde parallèle,
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion
Un monde où être autonome devient un objectif irréel
Un monde qui existait sans que j’y fasse vraiment attention.
Ce monde là vit à son propre rythme, mais n’a pas les mêmes préoccupations.
Les soucis ont une autre échelle, et un moment banal peut être une très bonne occupation.
Ce monde respire le même air, mais pas tout le temps avec la même facilité,
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés.

On met du temps à accepter ce mot, c’est lui qui finit par s’imposer,
La langue française a choisi ce terme, moi j’ai rien d’autre à proposer.
Rappelle toi juste que c’est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin,
Et tout le monde crie bien fort qu’un handicapé est d’abord un être humain.
Alors pourquoi tant d’embarras face à un mec en fauteuil roulant ou face à une aveugle
Vas-y tu peux leur parler normalement.

C’est pas contagieux, pourtant avant de refaire mes premiers pas,
Certains savent comme moi qu’il y a des regards qu’on n’oublie pas.
C’est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance
Un équilibre fragile, un oiseau dans l’orage, une frontière étroite entre souffrance et espérance.
Ouvre un peu les yeux, c’est surtout un monde de courage.

Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c’est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment ?
Quand l’envie de sourire redevient un instinct vital.
Quand on comprend que l’énergie ne se lie pas seulement dans le mouvement.
Parfois la vie nous teste et met à l’épreuve notre capacité d’adaptation.
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c’est un 6ème qui les délivre.
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout sans restriction,
Ce 6ème sens qui apparaît, c’est simplement l’envie de vivre…

 

 

Grand Corps Malade

 

 

 

 

Cette chanson est parfaite, c’est tout.

 

 

Les Feuilles Mortes

le 18/11/2006 à 14h32

Les Feuilles Mortes

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...

 

C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis....

 

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie
Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
Toujours, toujours je l'entendrai !

 

Jacques Prévert

image: Spoiled de Linda Bergkvist

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